Artiste

JULIEN DAÏAN QUINTET

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JULIEN DAÏAN QUINTET
Biography

 Le troisième, ça a toujours été le plus difficile. Pour tout le monde. C’est le disque qui élève les bricolages en carrière mais dont l’absence transforme le génie en promesse non-tenue. Le voici :Cut Up est le troisième album studio du JDQ.

Le premier, à la fois précoce et longtemps retenu, Julien Daïan nous l’a vomi. Des amitiés à consumer, des influences à hurler, comme le font les jeunes du monde entier depuis que l’arrière des bus existe, trop d’expériences à partager pour éviter de les digérer. Le deuxième, c’était celui du cahier neuf, appliqué et labellisé chez Bonsaï music.

Et puis sans prévenir, l’heure du suivant est arrivée.

De quoi nous est-il rempli ce petit troisième ? Il est plein de son auteur et de ses aspirations, un brassage d’influences et de styles, l’invocation des albums de jeunesse qui l’ont poussé à s’engager dans ses propres productions : Buckshot le Fonque, Julien Lourau... L’époque des projets libérés du style, des albums aux antipodes de “l’album concept”. Le temps où le jazz flirtait dur avec toutes les musiques qui lui traînaient autour, peu importe qui prenait le pas sur l’autre. Pas de la fusion ni de crossover, juste un truc ancré dans son époque, riche de toutes les musiques qui foisonnent et composent notre quotidien.

La porosité des “styles”, Daïan la prêche désormais, car il est cette somme. Il la prône en reggae, c’est l’ado qui achetait les 45 tours de Luciano et Mikey General chez Patate Records pour les retrouver 20 ans plus tard chanter sur son propre disque (Bring some love). Il la célèbre avec Gainsbourg, à contre-pied, en composant sur une accapela reggae du grand Serge. Ecce homo et caetera (Gainsbourg in Dub) une version si gains­barienne qu’on la penserait comme un original d’aujourd’hui (Trop c’est trop). Il la ras­semble, sur du hip-hop, Spike Leenien aux accents new-yorkais lorsqu’il s’associe au rappeur de Caroline du Nord Biship Chasten.

Et puis il y a les “jazzs”. Le jazz des Maîtres qu’il salue au passage d’une joie avec Septem­ber Nine, titre au thème ravageur qui nous rappelle une certaine effervescence new-yorkaise. Ou bien d’une peine, avec Sometimes At Night I Think Of You, titre dédicacé à son père disparu où l’on peut entendre une fragilité Shortenienne enregistrée tard dans la nuit en une prise.

Puis il y a la pop culture japonaise (Shinjuku Nemura Naï) inspirée d’une balade à Tokyo aux côtés de son ami photographe Kiyoshi Tsuzuki, durant laquelle promesse fut prise d’écrire un morceau en souvenir du moment. Il y a la culture jazz pop tout court (End Working) et l’envie d’écrire la mélodie la plus simple et souriante possible.

Un “coucou” aux surréalistes (Storm At The Beat Hotel) inspiré de l’hôtel du 9 rue Git-le-coeur si cher à la beat generation où séjourneront Allen Ginsberg qui y écrira son plus fameux poème Kaddish ou encore William Burroughs qui y rencontrera son amant et “manager” Ian Sommerville avec qui il expérimente sa technique du Cut-up... Un clin d’oeil au trompettiste Roy Hargrove avec ce versus Bugle (Alex Tassel) / trompette (Syl­vain Gontard) sur June Dance introduit de « main de maître » par June et Antonin les enfants du truculent ingé son de l’album, Julien Birot. Enfin, une reprise nineties du cul­tissime Woman in chains de Tear for fears où l’on retrouve un Guillaume Perret inspiré sur cet arrangement qui par moments nous rappelle Moondog.

On retrouve les fidèles Octave Ducasse (batterie) et Tommaso Montagnani (basse) membres emblématiques du quintet et on voit l’arrivée toute en fraîcheur du pianiste Edouard Monnin, du flûtiste Cyril Benhamou et du bugliste Alex Tassel, le tout enregis­tré au studio Peninsula.

Et voilà, ce son, ce disque numéro 3, Julien Daïan nous le raconte comme il raconte la vie, comme il se raconte la musique : en une suite de récits mélodiques dont le style nar­ratif n’appartient qu’à lui, visuel, itératif, référentiel et dont le verbe syncopé découpe puis compile en un patchwork (un cut up ?) unique les histoires qui lui tiennent à cœur, des histoires de cœur.

Releases
Album
CUT-UP
(FRENCH PARADOX)
Le troisième, ça a toujours été le plus difficile. C’est le disque qui élève les bricolages en carrière mais dont l’absence transforme le génie en promesse non-tenue. Cut Up est le troisième album studio du JDQ.
Single
TROP C'EST TROP
(FRENCH PARADOX)
Au hasard d'un titre de fin studio pas tout à fait fini, au hasard d'une idée de fin de soirée, Julien Daïan provoque ici le hasard d'une rencontre avec le grand Serge et met en musique son Ecce Homo et caetera. Save the date: nouvel album à venir pour juin.
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