Artiste

BAPTISTE W. HAMON
Biography
On le sait : ce sont les cigognes qui livrent les bébés. Dans les années 80, une cigogne peu douée pour la géographie fit une erreur massive de livraison. Le joli bébé destiné à Paris, Texas, se retrouva à Paris, France. Qu'importe : Baptiste W. Hamon avec un double V qui se prononce double-u, à l'américaine, sera son nom de guerre.

Il conservera les pieds en France mais la tête à l'ouest, lorgnant vers le Texas de ses ancêtres, Townes Van Zandt en tête. Déraciné, il vivra dans sa caboche une musique fantasmée, irréelle, personnelle jusqu'à la déraison. Elle doit beaucoup aux légendaires baroudeurs du folk-rock américain, à leur imaginaire cabossé et leurs chansons de peu de mots mais de mots qui s'offrent systématiquement le bullseye. Mais elle est pareillement endettée auprès de chanteurs, de conteurs d'ici qui, sans chevaux, sans déserts traînent la même mélancolie, les mêmes rêves burinés, crevassés.

Avant d'accepter cette schizophrénie comme une amie, une alliée, Baptiste W. Hamon essaya de se fondre dans le décor américain en chantant dans un anglais strict, aux limites du purisme avec son projet Texas in Paris. Mais le français finira par le rattraper, l'attraper au lasso : en écoutant, en 2016, son premier album L'Insouciance, on se disait que ce n'est pas tous les jours que Leonard Cohen rencontre Serge Reggiani dans une chanson. Le romantisme français mais le son de Nashville : Baptiste W. Hamon continuait de coloniser seul son lopin de terre singulier, la tête ailleurs, la tête en l'air. On inventa même alors un genre musical pour lui, “Chanson Country”, afin d'accueillir les chroniques dithyrambiques dans les pages des magazines.
“La distance entre France et Etats-Unis n'est pas abolie mais assumée, creusée, elle devient la matière même des chansons de ce Pierrot en chemise à carreaux”, s'enthousiasme Télérama.
Ce à quoi Les Inrocks répondent : “Le meilleur de la country et du folk américains peut se traduire en français : la preuve”.

Cette manière unique et intime de concilier ancien et nouveau monde, grands espaces épiques et chanson littéraire aurait pu virer facilement à la recette, au savoir-faire, ou pire : au pittoresque. Mais s'il invite, comme sur L'Insouciance, un autre immense défroqué du folk américain – Will Oldham, désormais fidèle ami –, le second album de Baptiste W. Hamon va beaucoup plus loin dans sa recherche d'une musique sans brides, sans harnais, sans œillères.
On retrouve bien sûr encore le grand écart transatlantique, qui le pousse par exemple à porter en pochette un t-shirt délavé de l'outlaw country Waylon Jennings puis à chanter en duo sublime avec le bien français Christophe Miossec sur le glaçant « Hervé ». Mais le son s'est radicalisé, affirmé, simplifié, affranchi dès le formidable « Bloody Mary » d'entrée. Il y a du Tom Waits, du Nick Cave dans les partis-pris d'arrangements et la mélodie en ligne brisée de ce premier single, dans cette musique anguleuse pour crooner assumé. Mais il y a aussi ailleurs de la pop dans ce chant débarrassé de tous tics, de toutes attaches avec la timidité, un chant altier et élevé, qui raconte le quotidien avec exaltation et pudeur sur les massifs « Je Brûle » ou « Comme on est bien ». Il reste aussi, peu respectueux de leurs cahiers des charges, du folk, de la country sur cet album sans pause, sans pose.

Ainsi d'un genre à l'autre ce second album vagabonde, saute les barrières. Album de rencontres, de partages, il a pris forme et envol entre le Texas et la France, lors de voyages initiatiques dans l'Amérique-bis, menant également Baptiste W. Hamon au Kentucky, au Tennessee. L'album se souvient clairement, par flashes palpables, des gens, lieux et sensations fugaces croisés lors de ces road-trips. Il a ensuite fallu donner corps, chair à ces instantanés de vie : de Bordeaux (chez Marc Daumail de Cocoon) à Londres (chez le très demandé Ben Christophers), de Pantin à Belleville, Baptiste W. Hamon trimballa ici et là sa malle aux émois, son armada de souvenances. Charge aux fidèles Alexandre Bourit (guitariste de Baptiste W. Hamon, Miossec, Fishbach) et Xavier Thiry (Fishbach, La Féline), responsables de l'enregistrement comme de la réalisation, de concilier ces univers épars, d'assurer à ces fugues une cohérence, une unité.

Pas étonnant alors que ce second album ressemble à un best of des humeurs de Baptiste W. Hamon, qui la frange dissipée et le teint frais en est déjà au bilan de vieux sage, de jeune rage. “On n'est pas loin d'être une armée, on ne sait pas trop se révolter”, chante-t-il. Certains murmures font ici beaucoup de boucan.

Le second album de Baptiste W. Hamon s'appelle Soleil, Soleil Bleu. Ça tombe bien, il accompagne aussi bien les crépuscules tremblants que les aubes euphoriques.

“Ce sont des chansons de départs, de retours, d'avancée, toujours”, conclut Baptiste W. Hamon, qui évoque aussi les caresses ou le vague-à-l'âme comme mot-clés de cet album grand ouvert. Ce Soleil, Soleil Bleu se lève pour tous.
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Le second album de Baptiste W. Hamon s'appelle Soleil, Soleil Bleu. Ça tombe bien, il accompagne aussi bien les crépuscules tremblants que les aubes euphoriques.
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