Artiste

HONEYBLOOD
Biography

Le troisième album de Honey Blood permet à Stina Tweeddale de trouver une ambition et une motivation de fer. Forte de ses précédents albums, elle progresse et parvient finalement à assumer le projet qu’elle a mis au monde sept ans plus tôt, comme son unique conception du monde. Stina collabore avec le très célèbre producteur John Congleton (Angel Olsen, St Vincent) pour mettre au point l’album le plus abouti de Honey Blood à ce jour, réaffirmant ainsi le nom du groupe originaire de Glasgow comme l’un des plus importants de Grande-Bretagne.

Sur le single principal, The Third Degree (qui sort aujourd’hui), Stina a perfectionné son art du punk-rock style ‘Mon-Ex-Est-Un-Connard’. Toutefois, In Plain Sight présente des sonorités aussi enthousiastes que celles de Garbage au sommet de leur carrière, ou plus récemment que celles de St Vincent ; une écriture brute, audacieuse, qui ne se cantonne plus à un seul genre. Tissé par des thématiques mystiques, telles que l’illusion et la déception, Tweeddale décrit l’album comme « une grande supercherie ». Et se faire prendre au piège n’a jamais été aussi excitant.

Après son travail auprès de Scots Young Fathers, la directrice artistique d’Edinbourg, Rianne White, a collaboré avec Stina pour amener The Third Degree à la vie – le clip (génial) montre un affrontement entre Stina et ‘Son-Ex-Le-Connard’, dans sa vie natale de Glasgow. Il est truffé d’illusions d’optiques, inspirées par le thème principal de l’album.

In Plain Sight sortira le 24 Mai 2019 chez Marathon Artists et sera disponible en digital, CD et LP.

A PROPOS D’HONEYBLOOD

Quand Stina Tweeddale est rentrée chez elle après deux ans à sillonner les routes pour la tournée du deuxième album, Babes Never Die (2016), quelque chose de terrifiant s’est produit. Elle était hantée. Toutes les nuits, quand elle se couchait dans sa maison de Glasgow, après avoir vécu dans des chambres d’hôtel bizarres, une femme apparaissait pour essayer de l’étrangler. ‘’Ça parait dingue’’, confit-elle par téléphone, depuis l’Ecosse. ‘’J’ai commencé à avoir des hallucinations épouvantables et des terreurs nocturnes. C’était même pire que du somnambulisme, je pouvais courir en dormant, complètement hantée par cette femme qui s’incrustait dans mes rêves et essayait de me tuer !’’

Stina ne comprend toujours pas vraiment ce qu’il s’est passé. Mais ça a un tout petit peu plus de sens quand tu sais ce qu’il s’est passé l’année dernière pour HoneyBlood : le duo n’en est plus vraiment un. Pour ce troisième album, Stina a décidé de poursuivre seule le projet qu’elle a commencé sept ans plus tôt.

‘’J’ai commencé à écrire cet album toute seule chez moi. Au début, je me sentais vraiment seule,’’ raconte-t-elle au sujet de cette période noire d’après-tournée. ‘’Mais à partir du moment où je me suis habituée aux névroses de cette solitude, je ne pouvais plus revenir en arrière.’’ Stina et le batteur Cat Myers se sont mis d’accords pour prendre un peu leurs distances après avoir vécu sur la route, mais quand Myers a trouvé un plan B en jouant pour Mogwai, Stina s’est retrouvée seule avec son mental fébrile et une salle d’enregistrement vide. Alors elle a écrit. Ecrit. Au total, plus de 30 démos. ‘’J’étais isolée dans ma petite maison au milieu de nulle part. Mais c’est drôle ce qu’il peut se passer quand il n’y a personne d’autre que toi-même pour te donner des conseils’’. Lorsque Myers est revenu de sa tournée avec Mogwai, l’album était déjà bien avancé, et Stina ne voulait pas faire de compromis.

Cela a du sens. Honeyblood a toujours été porté par la voix de Stina. Avant qu’il ne s’agisse d’un groupe, ou d’un nom, Stina écrivait déjà des chansons qui ont fait l’ossature de l’identité du groupe. En 2012, elle a conçu leur premier EP sur le sol de sa salle de bain. Les racines underground du groupe qui est devenu leur premier projet en 2014. Ensuite, Myers est venu remplacer le batteur originel Shona McVicar sur Babes Never Die, marquant une accélération notable dans la carrière de HoneyBlood. Cet album, c’est une toute autre paire de manches. ‘’C’était à péter les plombs’’, dit-elle, se remémorant embarquer toute seule pour Los Angeles. La stratégie, toutefois, c’était à la fois que Stina cherche le chemin à emprunter dans la vie et que ces chansons se concrétisent et soient amenées à Hollywood.

In Plain Sight a été enregistré durant la saison d’Halloween en 2018, avec John Congleton (Angel Olsen, Sharon Van Etten, St Vincent) dans son studio de LA. Travailler avec Congleton était un rêve devenu réalité, car Stina admire ce producteur pour ses riffs de guitares qui sortent de l’ordinaire. ‘’Tu fais un vœu, et d’un coup c’est genre : Comment j’ai fait pour réussir ça, putain ?’’ Tu peux immédiatement entendre la capacité de Congleton à concrétiser les envies de Stina sur ce disque. Dans le passé, Honeyblood était enfermé dans un style de rock, droit et bien ajusté, axé sur le bruit. Maintenant, libérée de ce format guitare/batterie, Stina peut inviter d’autres styles fleurissants dans sa musique. Les sonorités funestes de Take The Wheel, le travail sur synthé à la Dépêche Mode sur Touch ou encore le groove hasardeux des années 1990 sur Twisting The Aces créent la palette la plus diversifiée de ses histoires à ce jour. Pourtant, de classiques hymnes féministes criards comme Gibberish ont toujours un impact, avec une fureur familiale.

‘’Cet album, c’était comme résoudre ce qui ressemble à un puzzle géant, toute seule’’ dit-elle, méditant sur les textes qui forment cette fabrique mystérieuse de l’album. En réfléchissant rétrospectivement aux nombreuses chansons qu’elle a écrite, Stina a réalisé qu’il y avait un thème récurrent autour de la notion d’illusion. Où termine la fiction et où commence la réalité ? Où se trouve vraiment la vérité ? Cette notion a commencé avec l’explication de sa hante sur She’s A Nightmare – quelque chose qui paraissait vraiment réel, mais qui était en fait un fantasme né de son imagination. ‘’C’est une grosse supercherie’’, dit-elle. ‘’Toutes les chansons ont nourri cette idée de supercherie et de désillusion, de demi-vérité’’. D’où ces récits qui peuvent aller des infidèles (Touch), aux menteurs (The Third Degree), aux propres désillusions de Stina (Harmless).

‘’Chaque mouvement, chaque chanson, tout ce que je faisais sur ce disque était comme un nouveau territoire’’, dit-elle. ‘’Je ne savais vraiment pas ce qui allait se produire.’’ Pas le genre à s’attarder trop longtemps, l’album fut le résultat d’une session de 9 jours en pot-pourri. Mais malgré sa prouesse, cela ne suffit pas à boucler. ‘’C’était un grand saut vers l’inconnu mais aussi une expérience qui m’a ouvert les yeux. Je ne voulais pas faire les mêmes trucs que j’avais l’habitude de faire avant’’, explique Stina.

Le travail artistique était une expérience du destin, comme l’était la quête de Congleton. En creusant le thème qui lui était apparu, Stina a cherché des illusionnistes sur internet et a trouvé une artiste péruvienne du nom de Cécilia Parades. Stina l’interpella sans rien vraiment attendre en retour, et Parades, qui vient de Philadelphie, était partante. ‘’C’était incroyable’’, dit Stina. ‘’J’étais époustouflée devant son travail. C’est entièrement peint, il n’y a pas de Photoshop. C’est juste ce que tu vois. Elle est complètement ouf’’. Etrangement, la seule disponibilité de Parades cette année-là correspondait au même week-end pendant lequel Stina bouclait en studio. Elle a sauté dans le premier avion. Huit heures par jour pendant 2 jours, Stina s’est assise pendant que Parades la peignait en écoutant de la musique classique. ‘’Elle m’a expliqué comment ça fonctionnait. Ca s’appelle la Sympathie Visuelle : la manière dont ton œil a envie de croire que c’est réel, mais quand tu regardes le modèle ça ne correspond pas tout à fait à la peinture. Ton œil force cette correspondance. C’est une supercherie’’.

Auparavant signée chez FatCat, le renouveau de Honeyblood a également fait entrer Stina dans une nouvelle relation musicale avec le label Marathon Artists (dont font partie Courtney Barnett, POND, et Jagwar Ma), un choix qui lui va bien, la bonne maison pour son évolution. Sur In Plain Sight, Honeyblood a affronté ses peurs et abandonné les status quo. L’anti-ballade au piano Harmless a une portée internationale. Ca parle de contrôler ses propres défauts et de se cacher derrière un extérieur dur pour masquer son côté vulnérable. Dans Honeyblood, Stina a attaqué vigoureusement le prochain chapitre de sa carrière solo, et dans les sables mouvants elle a trouvé de nouvelles possibilités. ‘’J’étais pétrifiée avant d’aller enregistrer l’album, je me disais : et si j’avais fait un album terriblement mauvais ?’’ se demande-t-elle. ‘’Je sais que je me suis fait justice. J’ai fait quelque chose dont je suis réellement contente et je suis juste impatiente d’aller de l’avant maintenant. A partir de maintenant, c’est comme ça que cela va se passer.’’

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IN PLAIN SIGHT
(Marathon Artists / Awal)
Stina Tweeddale continue son aventure punk-rock en duo avec John Congleton
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