Vingt ans après ses premiers accords nourris de mythes américains, songwriters, cinéastes ou écrivains, H-Burns, alias Renaud Brustlein, ci-devant songwriter made in France, signe une oeuvre où se confronte spectres et réalités. Mais ne cherchez pas de manichéisme chez lui, tout est nuances et équilibre. Des mots et des notes. Et des sons. Et la poésie qui s’en dégage.
Ancré dans son époque tout en restant fidèle à une exigence artisanale, H-Burns incarne cette rareté : un songwriter français qui parle à la fois aux connaisseurs et à un public plus large, sans jamais trahir son univers. C’est sa ligne de conduite, son cap : "Moi, je suis de l’école Bruce et compagnie, j’aime bien que ça compte. J’aime bien l’idée de proposer quelque chose de qualité mais en parlant au public le plus large possible. Ça a toujours été mon mantra."

Titre d’ouverture immersif et lynchien. La rose bleue, symbole de mystère absolu dans Twin Peaks, devient ici une fleur qui pousse au milieu du désert californien – dernier vestige de beauté et d’énigme dans un paysage aride.
H-Burns y pose d’emblée la question centrale de l’album : où se situe la frontière entre réel et fiction, entre vie et cinéma ? Référence directe à la tombe de David Lynch (Night Blooming Jasmine showed me the way). Atmosphère lente, contemplative et cinématographique qui installe immédiatement l’univers du disque.